L’Angleterre sera prochainement à la présidence de l’UE (1er juillet). Voici le discours que Tony Blair a prononcé devant le parlement Européen. Présenté comme un souvent un détracteur de l’Europe il a mis en avant certains points intéressants. Morceaux choisis :

Premièrement, moderniser son modèle social. Certains ont prétendu que je voulais abandonner le modèle européen. Mais dites-moi : que vaut ce modèle social qui a 20 millions de chômeurs et des taux de productivité inférieurs à ceux des États-Unis, qui forme moins de diplômés dans les matières scientifiques que l'Inde, et où - quel que soit l'indice retenu pour une économie moderne - les qualifications, la recherche et le développement, les brevets, les technologies de l'information, loin de progresser, reculent. L'Inde va multiplier par cinq son secteur des biotechnologies dans les cinq ans qui viennent. La Chine vient de tripler en cinq ans son budget recherche et développement.

Aujourd'hui, l'Europe ne compte que deux des 20 premières universités du monde.

La raison d'être de notre modèle social devrait être d'optimiser notre aptitude à soutenir la concurrence, et d'aider nos concitoyens à se faire à la mondialisation, à en saisir les chances et à en éviter les dangers. Nous avons besoin d'une Europe sociale, c'est certain. A condition qu'elle donne les résultats escomptés.

On nous a dit comment faire. Le rapport Kok, en 2004, nous a montré la voie : investir dans le savoir, la qualification professionnelle, les politiques actives en matière de marché du travail, les pôles scientifiques et l'innovation, l'enseignement supérieur, la revitalisation des quartiers et l'aide aux petites entreprises. C'est une politique sociale moderne, ce que ne sont ni la réglementation ni la protection de l'emploi, qui sauveront peut-être quelques postes aujourd'hui, au détriment de beaucoup d'autres demain.

Ce constat est particulièrement lucide et alarmant. Pas besoin de chercher très loin pour s’apercevoir que nos filières scientifiques en France n’ont plus le prestige d’antan. Le concours EFREI qui attirait encore un millier de personnes il y a 5 ans, a été supprimé. Les promotions se sont naturellement réduites (j’ai pas de chiffre exacte mais -20% me semble être raisonnable). Et encore, le pire n’est pas au niveau de la formation, les débouchés sont catastrophiques. M Tony Blair propose un autre modèle qui ne surprend personne mais qui est largement impopulaire en France. Voici ce qu’il répond :

Puisque j'en suis à démolir les caricatures, en voici une autre : l'idée que la Grande-Bretagne serait le porte-drapeau d'une conception anglo-saxonne extrémiste de l'économie de marché, où l'on écraserait les pauvres et les défavorisés. Le gouvernement actuel a adopté son « New Deal » en faveur des chômeurs, le plus grand programme européen de création d'emplois grâce auquel le chômage de longue durée des jeunes a pratiquement disparu. En cinq ans, il a augmenté les investissements dans les services publics plus que tout autre pays européen. Il le fallait, certes, mais nous l'avons fait. Nous avons mis en place, pour la première fois en Grande-Bretagne, le salaire minimum. Nous avons régénéré nos villes. Nous avons sorti près d'un million d'enfants de la pauvreté et amélioré les conditions de vie de deux millions de retraités. Nous avons engagé une réforme profonde, sans précédent dans notre histoire, de l'aide à l'enfance, de la maternité et de la paternité. C'est grâce à la bonne santé de notre économie, non à son détriment, que nous l'avons fait.

Je fais sûrement partie de la minorité mais je pense que la Grande Bretagne arrive à un moment opportun à la présidence. Wait and see...