Un procès très attendu dans le monde l'informatique est en train de secouer tout internet en ce moment : l'affaire Guillermito. A ses heures perdues, ce chercheur français en biologie à Harvard bidouille son ordinateur. Il a voulu dénoncer les pratiques mensongères de la société Tegam qui édite un antivirus (Viguard) détectant soit disant tous les virus sans besoin de mise à jour. Guillermito, preuve à l'appui, a démontré sur son site que c'était faux et le rédacteur des journaux le virus informatique et Pirate Mag, alias Olivier Aichelbaum, a publié ses travaux dans son magazine (celà lui coûtera plus tard sa place de rédacteur en chef du magazine). Tegam s'est alors retournée contre Guillermito. Il s'y sont pris de plusieurs manières différentes et assez brouillone pour finalement l'accuser de contre-façon. En effet, Guillermito qui ne s'en est jamais caché a décompilé l'exécutable pour étudier le source et y détecter les erreurs de conceptions. Ce n'est pas à la portée de n'importe qui et Guillermito est l'un des meilleurs dans ce domaine. L'affaire, très complexe et pointue donc, est maintenant entre les mains de la justice française. Le double challenge qui se présentent aux juges sera de déchiffrer le jargon et d'interpréter le droit pour savoir si tout cela est légal ou pas. Le verdict est pour mars avril environ. Vu l'aspect technique de l'affaire et les multiples rebondissements (je parie que plusieurs bouquins vont sortir) je leur souhaite bon courage.



Ce n'est pas un procès qui va tenter de vraiment faire la lumière sur cette affaire et dire qui dit des deux parties en présence dit vrai ou faux. L'histoire tout le monde la connaît plus ou moins et les détails auront finalement peu de retentissement hors de la sphère des principaux intéressés. La portée du procès est autre, la justice va devoir se prononcer sur des pratiques utilisées principalement par les hackers (un hacker n'est pas un l'horrible malfaiteur qui pirate les logiciels payants ça c'est un cracker, le hacker est un bricoleur de génie autodidacte qui repousse les limites du possible et pas seulement en informatique) et la manière de publier leur travaux. Malheureusement pour nous simples mortels, le droit français est très flou en ce qui concerne les nouvelles technologies. Nos lois ne sont plus adaptées aux supports numériques (phénomène que l'on appelle la convergence du numérique, les frontières entre télévision, téléphonie... ne sont plus aussi marquées et l'on ne sait plus quelle juridiction appliquer). De plus, ce procès montre combien les logiciels fournis sans les fichiers sources sont en fait peu fiables. Hé oui, ce n'est pas parce qu'on achète un programme à plusieurs centaines d'euros que cela en fait un bon produit. Petite propagande personnelle : faites confiance aux logiciels libres réputés et vous êtes sûr d'éviter ce genre de mauvais logiciel qu'est un antivirus.

Vu de loin et face à une armée d'avocats, je donnais Guillermito perdant. Loi du pot de terre contre le pot de fer qui parlait. Sans nul doute, tout ceci me rappelait l'affaire Humpich qui avait démontré que les distributeurs de billets étaient bogués. Cet ancien diplômé de l'INSA s'était fait plus ou moins rouler par le GIE et avait écopé de 10 ans de prison avec sursis. Bref, au vu des comptes rendus de séance, Guillermito s'en serait bien sorti, croisons les doigts!

Pour en savoir plus :

  • Lunar explique de manière très compréhensible pourquoi ce procès est si important
  • Maître Eolas pour ses comptes rendus et son dissernement
  • Guillermito pour son blog plein d'humour.
  • Maxime l'indécrottable trolleur qui a eu la chance de couvrir le procès!